Abd El Krim ou l’impossible rêve, roman historique, Pierre Bonin, Fondation littéraire Fleur de Lys

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DONNÉES AU CATALOGUE

Abd El Krim ou l’impossible rêve,
Pierre Bonin
Roman historique,
Préface de Carl Pépin, Ph.,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, 2006, 366 pages, illustrées.
ISBN 2-89612-263-X / 978-2-89612-263-9

PRÉSENTATION

Au début des années 1920, le Maroc est ensanglanté par une guerre cruelle mettant aux prises les tribus de la région du Rif aux forces armées de la coalition franco-espagnole. Le leader de l’insurrection rifaine, Mohammed Abd El Krim, livre une lutte acharnée et fait vaciller le trône chancelant du sultan, tout en rêvant à la reconnaissance internationale de la république qu’il a proclamée pour le Rif.

Pour sa part, le sergent-chef Marcel Picard, un canadien-français démobilisé de la Légion étrangère, aspire à gagner honorablement sa subsistance dans son nouveau pays d’adoption. Il rêve d’exercer le métier de photojournaliste et de correspondant pour des journaux ou magazines du Vieux Continent. Mais le destin joue parfois de vilains tours et c’est ainsi qu’il se retrouve malgré lui, entraîné à jouer le rôle d’agent de renseignements pour le 2e Bureau, le service du contre-espionnage français. Il croisera sur sa route une jeune romancière en herbe dont il deviendra follement amoureux et un journaliste avec lequel il liera une franche amitié. La mission de Picard dans le Rif se transformera en cauchemar. Il sera confronté au chef de la rébellion ainsi qu’à son bras droit, le sergent Klems, déserteur de la Légion étrangère. Le destin de Picard sera scellé à jamais.

Comme le souligne dans sa préface l’historien militaire Carl Pépin : « … Marcel Picard et tous les personnages qui animent ce roman avaient ceci de commun : ils avaient osé porter leur regard sur cette Méduse qu’était le Rif. Pétrifiés dans un rêve, celui d’épouser la contrée, ils avaient posé les gestes en conséquence… ».

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Abd El Krim ou l’impossible rêve

Troisième roman de la trilogie québécoise sur la Légion étrangère au Maroc

Montréal, le 8 novembre 2008 ─ La Fondation littéraire Fleur de Lys vous invite à découvrir Abd El Krim ou l’impossible rêve, le troisième roman québécois écrit sur la Légion étrangère au Maroc, signé Pierre Bonin, professionnel des communications, retraité de la Ville de Montréal.

Le récit se déroule au Maroc de 1925 à 1927 et raconte la chronologie des événements marquants des dernières années de la guerre du Rif, à travers le cheminement des personnages du roman confrontés à leur propre destin. Le leader de l’insurrection rifaine, Mohammed Abd El Krim, livre une lutte acharnée aux armées de la coalition franco-espagnole et fait vaciller le trône chancelant du sultan, tout en rêvant à la reconnaissance internationale de la république qu’il a proclamée pour le Rif.

Par ailleurs, le sergent-chef Marcel Picard, un canadien-français démobilisé de la Légion étrangère, aspire à gagner honorablement sa subsistance dans son nouveau pays d’adoption. Il rêve d’exercer le métier de photojournaliste et de correspondant pour des journaux ou magazines du Vieux Continent. Mais le destin joue parfois de vilains tours et c’est ainsi qu’il se retrouve malgré lui, entraîné à jouer le rôle d’agent de renseignements pour le 2e Bureau, le service du contre-espionnage français. Il croisera sur sa route une jeune romancière en herbe dont il deviendra follement amoureux et un journaliste avec lequel il liera une franche amitié. La mission de Picard dans le Rif se transformera en cauchemar. Il sera confronté au chef de la rébellion ainsi qu’à son bras droit, le sergent Klems, déserteur de la Légion étrangère. Le destin de Picard sera scellé à jamais.

Comme le souligne dans sa préface l’historien militaire Carl Pépin : « Dans ce contexte, ce troisième roman de Pierre Bonin est davantage politique, où l’importante mise en scène d’actes d’espionnage de part et d’autre des lignes belligérantes nous apprend deux leçons : 1) on ne peut faire confiance à personne; 2) en fin de compte, seule la survie compte. Bonin accorde une grande place à ce qui se passe de l’autre côté de la barrière. Les chefs politiques et militaires de la « rébellion » qu’ont été Abd El Krim et Otto Klems (cet ex-légionnaire qui a changé de camp) parlent. Bonin leur donne vie, ne serait-ce que sur quelques pages qui nous montrent qu’au final, les tribus rifaines unifiées par Abd El Krim n’étaient pas uniquement ces bandes de pilleurs et d’assassins décrites traditionnellement. C’est important à considérer puisque nombreuses sont les scènes de ce roman qui s’attardent à la quête de sens (politique) accordée à cette grande aventure rifaine. Marcel Picard et tous les personnages qui animent ce roman avaient ceci de commun : ils avaient osé porter leur regard sur cette Méduse qu’était le Rif. Pétrifiés dans un rêve, celui d’épouser la contrée, ils avaient posé les gestes en conséquence… ».

Dans le but d’assurer l’authenticité du récit même s’il est le fruit de son imagination, l’auteur a consulté des témoignages et documents de l’époque et a séjourné au Maroc à l’automne 2005, pour s’imprégner de la culture berbère, de l’islam, du vécu quotidien de ses habitants et visiter les lieux qui servent de décor à l’intrigue du roman. Le livre inclut aussi une section documentaire avec des photos d’époque.

Le livre est disponible sur le réseau Internet et les lecteurs intéressés peuvent se le procurer sous le format traditionnel en papier au coût de 24.95$, taxes et livraison incluses, en acquittant les frais par carte de crédit ou chèque, ou encore en télécharger la version numérique (fichier PDF) gratuite, à partir de la page personnelle de l’auteur sur le site Internet de l’éditeur, la Fondation littéraire Fleur de Lys:

http://manuscritdepot.com/a.pierre-bonin.3.htm

– 30 –

[ Version imprimable – PDF ]

SOURCE :

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

COUVERTURE DE PRESSE

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TABLE DES MATIÈRES

Remerciements

Préface

Avant-propos

Lexique

Prologue

PREMIÈRE PARTIE

Les tambours de la guerre

Le Maroc-Hôtel

Un étrange trio

Un déjeuner sur l’herbe à Volubilis

La tragédie de Médiouna

En route vers la république du Rif

DEUXIÈME PARTIE

El caïd Hadji Aleman

Porté disparu

Au royaume du kif

Bas les masques !

Sur le front : rien à signaler

La débâcle

Épilogue

ANNEXES

Ce qu’ils sont devenus

Mohammed Ben Abd El Krim Khattabi

Le sergent Joseph Otto Klems

Le commandant François de la Rocque

Le capitaine Henry de Bournazel

Le commandant Jean Cazaban

Bibliographie

Carte du Maroc

Album photos – Guerre du Rif

Au sujet de l’auteur

Communiquer avec l’auteur

Du même auteur

EXTRAIT

Avant-propos

Le récit qui suit est une œuvre de fiction. Toutefois, il relate des événements survenus au Maroc pendant la guerre du Rif (1921-1926) surnommée « la guerre oubliée » par les historiens. La région montagneuse du Rif est située au nord de Fez, face à la Méditerranée. Un leader nationaliste du nom de Mohammed ben Abd El Krim avait réussi à unifier les tribus du Rif pour combattre le sultan Moulay Youssef dont il contestait l’autorité légitime et pour bouter hors du pays les Espagnols et les Français qui s’y étaient installés, respectivement dès le XVIe siècle pour les premiers, au début du XXe siècle pour les seconds.

Le personnage principal de ce roman est un Québécois ; à l’époque, dans la Légion étrangère, il était inscrit sous la nationalité canadienne. Soit dit en passant, de 1923 à 1928, des Québécois ont réellement combattu sous l’uniforme de ce prestigieux corps d’armée lors de la guerre du Rif, et par la suite dans les oasis du Sud. Parmi ces légionnaires, on en comptait un de la région de Québec et un autre de la Beauce : ces deux hommes ont laissé des témoignages écrits de leur séjour au Maroc. Des récits captivants qui ont été publiés en 1931 et 1932.

Par ailleurs, la Légion étrangère a dénombré 74 officiers, 158 sous-officiers et 1 264 légionnaires du rang qui ont trouvé la mort au Maroc, de 1920 à 1935. Pour la même période, des milliers de Marocains ont aussi perdu la vie pendant la guerre du Rif et lors des affrontements armés qui ont découlé des années de la Pacification.

À l’automne 2005, je me suis rendu en pèlerinage dans ce pays, sur les lieux où nos compatriotes ont battu la semelle dans les sables du désert et sur les pistes rocailleuses des djebels. C’est là, qu’a pris forme cette histoire, sous le ciel d’une nuit constellée d’étoiles de l’Erg Chebbi.

Enfin, pour faciliter la compréhension du récit, le lecteur est invité à consulter le lexique lui permettant de se familiariser avec les mots arabes ou berbères présents dans le texte.

Pierre Bonin

EXTRAIT DU CHAPITRE DEUX

Le Maroc-Hôtel

Marcel Picard quitta le riad à la nuit tombée, encore ébloui par les prouesses amoureuses de Yasmina. Auparavant, il salua son hôte Abd El Aziz Lahlo, de passage sur place, la rumeur locale faisait de ce riche commerçant, propriétaire de nombreuses maisons, l’homme le plus puissant de la médina après le représentant du sultan. Depuis l’arrivée de Picard à Fez, quelques mois plus tôt, Abd El Aziz l’avait pris sous son aile protectrice et lui assurait sa subsistance dans l’attente de jours meilleurs. Picard lui devait beaucoup depuis sa démobilisation de la Légion. Au fil des jours, il avait appris à l’apprécier et à s’en faire un ami. Grâce à lui, il avait pu parfaire plus facilement ses connaissances de la culture marocaine, si différente, avec sa religion l’islam, ses traditions culinaires et les us et coutumes de ses habitants.

Inquiet pour la sécurité de Picard, estimant imprudent pour un roumi de s’aventurer seul dans les rues et ruelles mal éclairées, Abd El Aziz proposa une escorte discrète de deux de ses serviteurs, habiles à manier le poignard habilement dissimulé sous leur burnous. Malgré la précaution de revêtir une djellaba et de camoufler une partie de son visage avec le capuchon, une habitude prise par Picard depuis son installation à Fez, celui-ci accepta son offre avec grande courtoisie pour ne pas le froisser. Il n’avait pas tort. La médina était un véritable labyrinthe avec son dédale de ruelles, d’autant plus sinistres dans la pénombre. Surtout que ce soir-là, Picard se rendait à un rendez-vous important qui allait peut-être enfin lui porter chance !

* * *

Le plus grand des serviteurs avait pour nom Malek, et l’autre, Abdul. Tous les deux étaient de farouches guerriers, ils avaient combattu dans les oasis du Sud au sein de la même tribu du Tafilalet. Une province sous la coupe de Bel Kacem N’Gadi, le roi des pirates du désert. Ils avaient fui vers le nord l’année précédente pour échapper à la vindicte du Boiteux sanguinaire et de ses sbires. En homme avisé, son hôte avait recruté ces deux combattants dans les souks et les avait engagés comme gardes du corps. Il fut convenu que Malek précéderait Picard dans son périple tandis qu’Abdul fermerait la marche. L’un et l’autre, à distances respectables de moins de cinq mètres, raseraient les murs pour ne pas mettre Picard dans l’embarras en cas de rencontre avec une patrouille de l’armée française. Heureusement, Picard avait apporté dans sa musette le sauf-conduit délivré par l’autorité militaire. Le précieux document leur permettrait de franchir, sans inquiétude, les barrages érigés par les légionnaires.

* * *

La ville de Fez n’était pas sûre. Quelques semaines auparavant, un administrateur français avait été agressé au détour d’une ruelle par des malfrats alors qu’il rentrait seul chez lui. Il put s’en tirer sans trop de mal. Toutefois, les autorités avaient craint la répétition de l’incident Lory, survenu en avril 1912. Cet administrateur colonial avait été capturé par des fanatiques pour finir pieds et poings liés, brûlé à petit feu, la tête piétinée, écrasée par une foule déchainée. Depuis lors, nul Occidental ne se sentait en sécurité malgré la présence incessante de patrouilles de légionnaires ou de turcos chargées de maintenir l’ordre. Abd El Krim avait de nombreux partisans et espions à l’intérieur des murs de la médina. Suspicion et terreur faisaient désormais parties du lot quotidien des habitants de la cité.

Pour un roumi, il n’était donc pas aisé de circuler en ville ou dans le bled sans susciter une certaine méfiance. Le pays était ravagé par la guerre et la présence des Européens ne manquait pas d’agacer les Marocains. Certaines tribus combattaient dans le Nord avec Abd El Krim pour chasser les Espagnols et les Français, et visaient aussi à renverser le sultan dont le trône était chancelant. Dans le Sud, de nombreuses tribus nomades se livraient à la piraterie et au pillage des oasis sans que le sultan ne puisse intervenir pour y assoir efficacement son autorité. Voilà pourquoi, il était dorénavant risqué de s’aventurer seul dans un pays devenu une véritable poudrière.

* * *

Tout en marchant en compagnie de ses anges gardiens, Picard vit défiler dans sa mémoire un carrousel de souvenirs. Que de chemin parcouru depuis son arrivée en Afrique du Nord, à la fin de décembre 1918 ! À sa descente du bateau, à Cherbourg, la troupe dirigée par le capitaine Chastenet de Géry avait reçu l’ordre de rejoindre le RMLE en Allemagne pour occuper la région du Rhin. Avec regrets et pincements au cœur, Picard vit partir ses compagnons de voyage alors qu’il prenait le train pour Paris et ensuite pour Marseille. Sur le bateau, il avait pu profiter du voyage pour faire plus ample connaissance avec les hommes de la troupe et s’abreuver de leurs exploits réels ou imaginaires. Il avait bien apprécié le capitaine Chastenet de Géry, avec qui il avait développé une bonne relation pour une recrue. L’officier le trouvait sympathique et croyait qu’il aurait pu faire carrière dans la Légion. Un volontaire étranger avec un diplôme d’études supérieures pouvait vite grimper les échelons de la hiérarchie et espérer obtenir de l’avancement jusqu’au grade d’adjudant-chef.

Picard séjourna quelques jours au fort Saint-Jean pour compléter les formalités d’engagement. Il passa avec succès l’examen médical. Il se retrouva ensuite avec un contingent de recrues à Sidi-Bel-Abbès en Algérie. C’est là qu’il devait s’initier à sa nouvelle vie de légionnaire. Il fut bien servi. Le sergent instructeur et ses caporaux lui en firent voir de toutes les couleurs avec les exercices répétitifs pour la parade, les corvées de ménage de la chambrée, de la cour et des bâtiments à l’intérieur de la caserne. Sans oublier les marches à n’en plus finir avec tout le barda et les armes, au point que les hommes, tant ils étaient fourbus, tombaient morts de sommeil à la fin de chaque journée. Et puis, il y avait aussi le maniement des armes : tir au fusil à la cible, lancer des grenades, combats au corps à corps avec les baïonnettes, initiation aux tirs de mortiers et de mitrailleuses, le tout exécuté avec la plus grande précision. Comme dans la tradition des légions romaines, les recrues s’éreintaient à de durs travaux sous un soleil de plomb pour l’entretien et la construction de routes. On ne chômait pas du lever au coucher du soleil. Après six mois intensifs d’un tel régime sous la houlette d’une discipline de fer régie par les instructeurs, les bleus devinrent des soldats prêts pour le baptême du feu. Par bonheur, durant cette période, les hommes pouvaient s’éclater lors de leurs permissions. Les bistros et les bordels étaient très populaires au sein de la troupe. C’est là qu’on déversait son trop-plein d’amertume, ou que l’on se saoulait la gueule pour oublier une vie d’enfer.

* * *

− Halte ! Qui va là ?

Picard sortit brusquement de sa rêverie. Le légionnaire qui venait de crier empêcha Malek d’aller de l’avant, au détour d’une ruelle, en pointant sur lui son fusil Lebel. Le garde du corps resta pétrifié par cette apparition subite, tandis que Picard le rejoignit d’un pas alerte, en moins de deux, avec Abdul aux talons. Tous les trois demeurèrent immobiles, en attente de la suite des événements. Le légionnaire, plutôt nerveux, les tenait en joue.

− Ne tirez, pas légionnaire, s’écria Picard. J’ai un sauf-conduit du général Colombat!

Le trio fut aussitôt encerclé par un sous-officier portant une lanterne, le revolver au poing, et quatre de ses hommes, tous surgis de la pénombre comme par magie. Les légionnaires pointèrent leur fusil sur les suspects. Picard reconnut le sous-officier. C’était le sergent Schmuntz, un ancien compagnon d’armes au 2e bataillon du 3e REI. Il cria aussitôt :

− Sergent Schmuntz, c’est moi, Picard.

Le sergent, suspicieux, approcha la lanterne près du visage de Picard. Il l’examina attentivement, de la racine des cheveux jusqu’au menton, puis il s’exclama sur un ton courroucé :

− Tu portes la barbe, Picard, et t’es déguisé en Berbère. C’est louche ! On t’a perdu de vue depuis ton départ l’an dernier. On croyait tous que t’étais reparti dans ton pays.

− Ben non, tu vois, j’suis toujours là.

− Où tu vas ? C’est le couvre-feu. Personne ne doit circuler dans les rues. On aurait pu te tirer dessus. T’as la baraka mon homme !

− J’ai pas le choix sergent. Des gens importants m’ont donné rendez-vous ce soir au Maroc-Hôtel. J’suis avec des amis qui assurent ma protection en cas de mauvaises rencontres. J’ai un sauf-conduit qui m’autorise à circuler. Regarde par toi-même.

Soulevant sa djellaba, Picard saisit le document camouflé dans son saroual et le remit au sergent. Schmuntz le consulta en vitesse et constata qu’il lui avait dit la vérité.

− C’est bon Picard. On te laisse passer. Mais tu ne pourras pas entrer au Maroc-Hôtel avec ton déguisement.

− T’en fais pas, sergent, j’suis au courant.

Là-dessus, Picard laissa Schmuntz et ses hommes perplexes de ces retrouvailles inusitées et poursuivit son petit bonhomme de chemin avec ses fidèles serviteurs, tenant fermement le précieux papier leur ayant sans doute sauvés la vie.

* * *

Le trio put franchir la porte Bab-el-Ftouh, gardée par un barrage de légionnaires, en répétant le manège du sauf-conduit. Après quelques minutes de marche dans la ville moderne, en pleine expansion depuis 1912, nos trois hommes arrivèrent au Maroc-Hôtel. Les portes de l’édifice étaient étroitement surveillées par des turcos. N’entrait pas qui voulait dans cet établissement, lieu de rendez-vous privilégié des officiers de l’armée française, en garnison dans la ville ou en transit avant de monter au front ou de revenir du bled. On y retrouvait également des civils, fonctionnaires de l’administration coloniale, des aventuriers de tout acabit en goguette, des journalistes à l’affût des dernières nouvelles des hostilités en cours. Tout ce beau monde attendait fébrilement un ordre d’évacuation vers Rabat, avant que le rogui ne déclenche son offensive ultime contre Fez.

En plus des musiciens locaux et des danseuses, il s’y produisait aussi des artistes de variété en provenance de Paris, interprétant les chansons à la mode dans la capitale. Justement, ce soir-là, une ravissante blonde plutôt menue chantait Valencia, en imitant la voix nasillarde de Mistinguett, au grand plaisir des spectateurs présents qui se sustentaient en mangeant de la cuisine maghrébine arrosée de coupes de champagne. L’atmosphère était à la fête, malgré le climat d’incertitude et de morosité flottant sur la cité.

L’officier responsable des sentinelles à la porte d’entrée principale, tout en jetant un regard circulaire aux alentours, repéra le trio et lui fit signe de le rejoindre. Les trois hommes s’avancèrent en silence vers l’officier tout en regardant à gauche et à droite pour s’assurer de ne pas attirer l’attention. L’officier s’adressa à Picard impérativement :

− Vous êtes sûrement Marcel Picard, vous êtes en retard. Qui sont ces Arabes qui vous accompagnent?

− Je suis celui que vous dites et ces hommes sont des amis.

− Montrez-moi votre sauf-conduit et remettez-moi vos armes. On vous les rendra à votre départ. C’est la consigne avant d’entrer. Dernier détail : vos compagnons devront vous attendre dans les cuisines.

− Calvaire, j’ai pas le choix. O.K lieutenant. On fera comme vous dites.

Visiblement déçu, Picard se tourna vers ses anges gardiens et leur transmit la consigne en langue arabe. Ils obtempérèrent, ne voulant pas déplaire à leur maître Abd El Aziz et remirent leurs armes aux factionnaires. Ensuite, le lieutenant les invita à le suivre à l’intérieur de l’édifice où les clameurs du public s’alimentaient à même les effluves de l’alcool et à la prestation endiablée des artistes.

AU SUJET DE L’AUTEUR

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Pierre Bonin est retraité de la fonction publique montréalaise après trente années de service. Au cours de ces années, il a occupé successivement des postes d’animateur en loisirs, d’agent d’aide socioéconomique, d’agent d’information, de rédacteur-relationniste et de chargé de communication pour différents services municipaux.

Dans l’exercice de ses fonctions, il a collaboré activement à la tenue de campagnes de promotion, sensibilisation et d’information auprès des citoyens et des médias, notamment dans les secteurs des sports et loisirs, de la culture, de l’aménagement des parcs et des travaux publics. Il a terminé sa carrière comme gestionnaire pour le Service des travaux publics de l’arrondissement Rosemont–Petite-Patrie.

Il a obtenu certains prix dont celui du meilleur directeur de campagne au sein de municipalités pour l’organisme Centraide en 1989, et le Mérite municipal décerné par le ministère des Affaires municipales en 1997, pour la mise en place du service téléphonique et de références aux citoyens et aux chroniqueurs à la circulation «Info-Travaux-Montréal».

Diplômé en animation culturelle, promotion 1976, de l’Université du Québec à Montréal, l’auteur a aussi suivi des cours en journalisme et relations publiques à l’Université de Montréal. Il a réalisé également des courts métrages en cinéma vidéo au cours des années 70-80.

Pour écrire ce roman dont l’intrigue se déroule au Maroc au début du XXe siècle, l’auteur a procédé à des recherches exhaustives sur le sujet en consultant des documents et témoignages de cette époque et en allant visiter les lieux qui servent de décor à l’intrigue du récit.

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Pierre Bonin se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

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