La guerre n’est pas de Dieu, roman, Denys Cloutier

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DONNÉES AU CATALOGUE

La guerre n’est pas de Dieu, roman,
Denys Cloutier,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Montréal, 2007, 114 pages,
ISBN 978-2-89612-218-9

PRÉSENTATION

 

Chercheur spécialisé dans les cultures de tissus et d’organes, Alex a rejoint un camarade de classe, Nathan, chirurgien dans un pays en guerre constante avec ses voisins. Dans une lettre à la mère de son ami, il relate les faits qui ont conduit à la mort de celui-ci.

Les événements commencent à l’arrivée de Rima à l’urgence, grièvement brûlée et devenue orpheline à la suite d’un tir de représailles. L’équipe de Nathan la prend en charge et la guérit. Mais l’adolescente reviendra se faire exploser sans causer de victimes.

Ébranlé, Nathan quitte son poste pour entreprendre une pratique médicale dans le territoire voisin. Il connaît du succès et attire des foules qui voient en lui un faiseur de miracles. Il prêche la paix, critique ceux qui font la guerre, recrute des adeptes.

Alex l’appuie jusqu’au moment où il a l’impression que Nathan va trop loin dans les concessions à faire. Il révèle sa présence en ville aux agents qui l’avaient contacté. Nathan est arrêté et décède quelques jours plus tard.

À travers son récit Alex se questionne sur l’essence de Dieu et notre responsabilité dans le cheminement vers le futur. Puis il se livre à son tour.

 

 

EXTRAIT

De chaque côté de la frontière délimitée par une haute muraille la région est en ébullition. Des échauffourées ont éclaté un peu partout après les obsèques du médecin qui depuis deux ans sillonnait le territoire et soulevait les foules en prônant le partage et la réconciliation. Elles ont mis un terme à l’accalmie trompeuse qui a suivi le retrait de quelques colonies et elles deviennent de plus en plus violentes avec les jours qui passent.

Les escarmouches des premières heures ont fait place aux attentats des kamikazes et aux ripostes ciblées, étouffant l’espoir d’une résolution prochaine du conflit. Suite à l’élection de nouveaux dirigeants l’antagonisme entre les factions a atteint son apogée, la tension est parvenue à un paroxysme. Les gouvernements ont rompu le dialogue et abandonné toute négociation.

Les actes de représailles peuvent satisfaire un désir de vengeance et l’érection d’un mur donner un sentiment de sécurité, pourtant aucun de ces gestes ne vient à bout du terrorisme. Ils l’alimentent plutôt. La paix adviendra lorsque les territoires occupés seront devenus libres et que le pays réclamé aura vu le jour. Trop de sentiments, trop d’intérêts sont en cause. Un tel dénouement apparaît de moins en moins probable.

Il faudra un jour qu’une solution soit trouvée, recevable par les peuples qui s’affrontent. Alors ils parviendront à cohabiter, le mur sera démoli, les frontières resteront ouvertes. Mais combien de souffrances encore à supporter avant que le rêve se réalise?

En périphérie de la ville un appartement qui ressemble à beaucoup d’autres, dont le désordre atteste qu’il est tenu par un célibataire. Une pièce avec cuisinette et coin-repas d’un côté, une salle de séjour de l’autre. Pour meubler cette dernière un bureau haut de gamme avec bibliothèque à l’avenant, une causeuse devant la télé, un système de son, des livres et des CD en grand nombre. Une porte est entrouverte sur une chambre au lit défait. Une fenêtre bâille.

En début de soirée l’occupant des lieux, un homme dans la quarantaine au teint bronzé, entre en coup de vent et dépose un ordinateur sur la table de travail. Il écoute les messages enregistrés sur le répondeur, fait quelques pas dans la pièce, jette un regard distrait vers l’extérieur.

Il paraît agité, nerveux. Depuis une semaine qu’il besogne sans relâche il pourrait aspirer au repos. Mais les événements s’enchaînent à grande vitesse depuis l’arrestation de Nathan dont le décès inattendu a chamboulé sa conception des choses. Voilà qu’il se sent menacé à son tour.

Doit-il parler ou se taire, partir ou rester? La décision qu’il prendra aura des conséquences pour lui comme pour ceux qui l’entourent. Leur sera-t-elle profitable? Risque-t-elle de jeter de l’huile sur le feu? Le risque en est minime en regard d’une situation déjà tendue à l’extrême mais est-il justifié de le prendre? Quoi qu’il en soit impossible de tergiverser plus longtemps, il doit agir.

L’homme ressent une peur sourde au fond de son être. Nathan a dû éprouver une émotion similaire et malgré les menaces n’a pas dérogé à ce qu’il considérait comme son devoir. Le sien n’est-il pas de reprendre le flambeau et de suivre son exemple?

Il est effrayé et voudrait fuir, mais une colère l’habite et c’est ce qui le retient de s’en aller. Il n’en peut plus de souscrire aux arguments de ceux qui, de quelque côté de la barrière qu’ils se trouvent, prétendent négocier mais écartent toute concession et ne cherchent qu’à préserver leurs acquis.

L’usage de la force a pris le pas sur la raison, un phénomène qui n’a rien d’exceptionnel et qui n’est pas près de disparaître comme le démontrent de multiples exemples du passé ou d’ailleurs. Est-ce une raison pour accepter la situation sans rien dire? Il faut que cesse l’escalade de la violence avant que le conflit s’étende et que soit atteint un point de non-retour, avant qu’il soit trop tard et que la ville soit à nouveau détruite.

La solution ne peut venir que de la bonne volonté et du désir de paix des populations en cause. Si la communauté internationale a un rôle à jouer, elles seules peuvent imposer une voie à suivre à leurs dirigeants. C’est en travaillant de concert qu’elles parviendront à construire un futur plus serein.

L’homme s’assoit à son bureau, ouvre son portable, accède au traitement de texte. Il reste un moment en attente puis commence à taper sur le clavier. Une phrase en gras d’abord qu’il souligne d’un trait : « La guerre n’est pas de Dieu » à laquelle il ajoute après réflexion : « qu’il soit appelé God, Yahvé ou Allah ». Après tout pense-t-il avec un sourire, si Dieu existe vraiment il ne devrait pas s’offusquer d’être révéré sous l’un ou l’autre de ces noms.

Il poursuit avec hésitation, se relit à plusieurs reprises, revient sur un terme ou une expression qui lui déplaît, supprime une phrase ici et là pour la remplacer par une autre. Il fait des pauses fréquentes durant lesquelles il se lève pour se dégourdir les jambes.

Bientôt les idées se précisent et les mots lui viennent avec de plus en plus de facilité, son rythme s’accélère et un récit prend forme. Les heures s’écoulent sans qu’il s’en rende compte. Il écrira ainsi jusqu’au lever du jour.

—-

AU SUJET DE L’AUTEUR

Diplômé en médecine de l’université Laval, Denys Cloutier a exercé comme généraliste durant trois ans au Lesotho, dans le sud de l’Afrique. Il est revenu compléter une résidence et a obtenu un certificat de spécialiste en Obstétrique-Gynécologie. Il a pratiqué toute sa carrière au Centre Hospitalier Universitaire et à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Il a été professeur titulaire à la faculté de médecine et y a occupé la fonction de directeur du département.

Le docteur Cloutier s’est impliqué en de nombreuses occasions dans l’action communautaire de sa ville et a siégé sur les conseils d’administration de plusieurs des organismes concernés. Il s’est aussi intéressé à la politique et a été élu à deux reprises président du Parti Québécois de son comté.

À la retraite, Denys Cloutier partage son temps entre le bénévolat et l’écriture. Il a deux livres parus en ligne Mots pour guérir et La maison victorienne qui ne sont plus actuellement disponibles.

 

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR

Denys Cloutier se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

Adresse de courrier électronique

denys.cloutier@videotron.ca

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contact@manuscritdepot.com

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