Le modèle Z, roman de science fiction, C.Y.G. Bilodeau

c_c_y_g_bilodeau_1_a

DONNÉES AU CATALOGUE

Le modèle Z
C.Y.G. Bilodeau
Roman de science fiction,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
2005, 238 pages,
ISBN 2-89612-055-6

 ——

PRÉSENTATION

Bien que Daniel Trame ne travaille sur Mars que depuis peu de temps et qu’il ne soit aucunement expert en robotique, il est tout de même parvenu à se procurer un programme lui permettant de modifier la personnalité de sa Porte informatique. En fait, il en a abaissé le niveau du générateur d’inhibitions virtuelles de façon à ce que la Porte soit plus agressive et plus franche envers lui. Car, il faut bien le dire, les colons de Mars et de Vénus sont entourés d’automates de tout acabit. Et c’est bien normal puisque le principal employeur sur ces planètes n’est nul autre que la puissante Compagnie des Mécanoïdes InterStellaires qui fabrique des machines pensantes destinées à assister les humains.

À la suite d’une panne suspecte de son modèle B, Daniel Trame fera la connaissance de Z : un nouveau modèle de mécanoïde, probablement de sexe femelle, certainement équipé de deux pattes et qui finira par bouleverser sa vie.

Mais d’où vient cette satanée Z et comment doit-on l’activer? Il doit s’agir d’un de ces prototypes ultra-secrets de mécanoïdes qui n’utiliseraient pas les bons vieux générateurs d’inhibitions virtuelles pour réguler leur comportement. Et cette caractéristique essentielle finira par provoquer une série de réactions totalement inattendues de la part de Z. En effet, la compagnie qui l’a développée et qui a investi des sommes considérables pour l’achever tentera de retrouver Z par tous les moyens afin de reprendre le seul exemplaire du logiciel qui existe. Mais attention, Z tient à son unicité et elle pourrait bien aller jusqu’à commettre l’irréparable juste pour la préserver. Z se liera aussi d’amitié avec Omnison, le seul ordinateur-orchestre du système solaire qui, bien qu’il ne puisse se déplacer, possède une virtuosité qui va bien au-delà des œuvres musicales.

« Le modèle Z » est une sorte de métaphore humoristique sur les mondes incompatibles des hommes, des femmes et des machines. Des extraits de ce roman ont d’ailleurs été publiés par Guérin dans « Les Saisons littéraires ». Quelques éditeurs ont eu de bons mots pour en parler : « … bien écrit, les personnages sont attachants et l’histoire est intéressante. » (Héritage). « … lecture agréable : l’omniprésence de cet humour naïf, genre B.D. américaine; » (L’Instant même).

« Le modèle Z » plaira aux introvertis, aux romantiques, aux farceurs et, on l’imagine, aux informaticiens.

 

EXTRAIT

Chapitre 1

De quel modèle s’agit-il ?

De tout temps, les sociétés ont été marquées et façonnées par les effets de l’ingéniosité humaine : cette force sans limites qui engendre des inventions, mais aussi des problèmes et des conflits que les générations précédentes ne pouvaient même pas concevoir.

À cette époque, les habitants de la Terre cherchaient à étendre leurs frontières au-delà des limites ancestrales que constituait la surface du globe. Ils parcouraient le système solaire afin d’y développer les planètes les plus rapprochées.

On avait établi sur la planète Mars une minuscule colonie d’hommes et de machines, travaillant sans relâche dans le but d’établir les bases d’une future cité.

À preuve de cette ingéniosité humaine sans borne, on pouvait trouver sur Mars toutes sortes de gadgets compliqués et amusants. Bien sûr, la plupart de ces machines étaient conçues pour simplifier la vie. Cependant, il existait parfois des exceptions…

* * *

À cette époque, je ne travaillais sur Mars que depuis quelques mois. Pourtant, je m’étais déjà habitué aux étranges coutumes locales.

Comme j’étais sous la douche, je ne pouvais pas me douter qu’une navette de livraison approchait du spatioport du pâté d’habitations dont faisait partie mon appartement.

* * *

Dans le salon de l’appartement, le moniteur encastré dans le mur donnant sur l’entrée déclara :

– Orage magnétique à dix-neuf heures vingt… Un camionef de livraison s’est amarré à ton spatioport. Identification positive, Thomas le conduit.

Après que le camionef se fut immobilisé et que la porte étanche du spatioport se fut complètement refermée, l’ordinateur local restaura la pression d’air ambiante sur le quai, ce qui déverrouilla automatiquement les portières de la navette. Thomas en ouvrit une et descendit.

« Une autre livraison pour ce type, pensa-t-il. C’est la troisième en moins de deux mois. Ce gars doit être complètement timbré. Je me demande bien ce qu’il en fait… »

Il se rendit derrière la navette. Détectant sa présence, la porte coulissante glissa en exposant un transbordeur miniature placé sous une boîte de carton. La boîte dépassait Thomas d’une bonne tête. Ce dernier s’installa aux commandes et le transbordeur se mit en route vers les appartements.

– Bonjour, cher Monsieur Thomas! lui lança sur un ton solennel la Porte informatique de l’appartement, lorsqu’il émergea du couloir venant de l’élévateur.

– Bonjour Porte, répondit Thomas sans surprise. Tu te souviens de moi?

– Bien sûr que je me souviens de toi. C’est très facile étant donné que depuis ta dernière visite, il n’y a eu que deux autres visiteurs, alors que ma banque mémorielle peut contenir environ quatre quadrillions de noms, chacun associé à un visage, un code d’identification, un minuscule curriculum vitae et quelques traits de personnalité de leur propriétaire. D’ailleurs, ajouta la Porte, s’il y avait eu quatre quadrillions un visiteurs, j’aurais sûrement choisi d’en oublier un autre que toi…

Cette fois Thomas commençait à trouver que la Porte était vraiment trop flatteuse. Cela lui sembla suspect.

« Cette Porte, pensa-t-il, possède une jolie voix féminine. Mais, elle a tendance à en mettre un peu trop lorsqu’elle a une idée en tête… Ou plutôt une idée dans les charnières. »

– C’est une livraison pour monsieur Daniel Trame, annonça Thomas poliment. Est-ce que je peux entrer?

– Hum! Eh bien, Daniel est sous la douche en ce moment. Mais je l’ai averti de ta visite et il va être prêt bientôt. Et… ajouta la Porte d’une voix langoureuse, est-ce que je peux le voir en attendant?

– Bien sûr que non! rétorqua Thomas. Je ne dois pas ouvrir l’emballage avant la livraison. Sinon le client pourrait refuser la marchandise pour cette seule raison.

– Allez, continua-t-elle, insistante? Juste le haut, s’il te plaît.

– Non, fit Thomas catégorique. Je ne peux pas.

La Porte prit un ton froid et distant.

– Thomas, conformément à la règle 324.7.31, « La Porte informatique est responsable de la sécurité du local dont elle contrôle l’accès. » Comme il est manifeste que tu as déjà ouvert cette boîte avant de te présenter ici, j’insiste pour en vérifier le contenu, avant d’autoriser ton accès.

– Mais ce n’est pas vrai! Ce n’est pas moi qui l’ai ouverte. Et qu’est-ce que c’est que cette espèce de Porte de merde qui pose toutes sortes de conditions? Tu ferais mieux de t’ouvrir, sinon je vais te faire reprogrammer. Saloperie!

* * *

Je sortis de la salle de bain. J’étais nu, tout mouillé et je me frottais la tête avec une serviette. Je remarquai un visiteur sur l’écran du moniteur.

– Qui est-ce? demandai-je à la Porte.

– On te livre ta commande, dit la Porte. Mais le livreur refuse que je vérifie la marchandise.

– Ça ne fait rien, répondis-je. Fais-le entrer.

– Tant pis! fit la Porte.

Et la Porte s’ouvrit brusquement. Je n’avais que ma serviette pour me couvrir. Je la plaçai immédiatement à l’endroit stratégique. Le transbordeur, guidé par Thomas, traversa la Porte et s’arrêta en plein milieu du salon.

– Ah! C’est vous, déclarai-je en reconnaissant Thomas. Désolé, je ne savais pas que vous attendiez dehors. Je viens juste de vous apercevoir sur le moniteur.

– Ce n’est pas exactement ce que m’a raconté votre Porte, répondit-il sèchement en jetant un regard glacial derrière lui. Mais ça ne fait rien, Monsieur Trame. Voici votre commande. Je vous demanderais de bien vouloir l’inspecter tout de suite et de signer le bordereau de livraison.

– C’est bien un modèle C n’est-ce pas? demandai-je. J’ai bien spécifié au représentant que, cette fois, je voulais le dernier modèle.

– Avez-vous eu un problème avec les autres?

– Euh… ils n’étaient pas vraiment adéquats, lui dis-je en bafouillant un peu. En fait, pour tout vous dire, ils n’étaient plus fonctionnels. Voilà!

J’étais un peu embarrassé. J’hésitais entre le désir de m’expliquer devant ce type ou bien la crainte de le laisser me prendre pour un parfait taré. Et chacune de ces deux possibilités me déplaisait également. Je crois que le livreur comprit mon embarras, car il me facilita la tâche en parlant de ses propres machines.

– Vous savez, me dit-il. J’ai un modèle B, juste comme celui que je vous ai amené voilà deux semaines. Et il ne sera plus fonctionnel bientôt.

– Et ça fait longtemps que vous l’avez? demandai-je innocemment.

– Un peu plus que vous… Deux ou trois ans seulement. C’est tout. Mais vous savez, ils ne conviennent pas à n’importe qui. Et puis, si vous avez les moyens…

Cette fois, j’étais vraiment troublé. Son modèle B avait duré deux ou trois ans, peut être plus. Alors que j’étais venu à bout du mien en moins de deux semaines. Il faut dire que j’y étais allé un peu fort avec lui. Mais après tout, ils sont faits pour ça! Non?

– Vous savez, lui dis-je comme pour me racheter, c’était mon premier modèle B et je ne savais pas vraiment si on pouvait le frapper très fort sur le nez. Regardez…

Du bout du doigt, j’ouvris la porte du placard à balais. Quelque chose qui avait une forme vaguement humaine gisait là. J’y avais laissé mon mécanoïde hors d’usage.

Il faut expliquer que sur Mars, à cette période, les humains en poste — des hommes uniquement — n’avaient que peu d’activités pour se distraire. La plupart du temps, ils ne se voyaient que sur des écrans de terminal et uniquement durant les heures de travail. Il n’y avait aucune femme. Et même s’il y en avait eu, le coût du kérosène était tellement prohibitif, qu’il aurait été trop onéreux de se déplacer en spationef juste pour visiter une collègue ou une amie.

Par conséquent, on ressentait souvent une grande frustration qui se traduisait par des comportements pour le moins bizarres. Par exemple, on pouvait s’acheter un mécanoïde et, lorsque la situation tournait au vinaigre, on pouvait l’invectiver et même, dans certains cas rarissimes, le bousculer un peu permettant ainsi au stress accumulé de s’échapper afin de favoriser une plus grande harmonie avec les autres colons humains.

Thomas s’approcha pour examiner le visage de mon mécanoïde.

– Pourtant, il avait bien un nez lorsque je vous l’ai livré, n’est-ce pas?

– Heu… Oui! bafouillai-je. Je crois bien qu’il en avait un. Mais vous savez, ce modèle me mettait en boule. Il avait un don pour toujours dire des stupidités. De plus, il s’attendait à ce qu’on rie toujours de ses farces idiotes. J’ai vraiment suivi à la lettre les instructions que vous aviez fournies. Chaque fois qu’il ouvrait la bouche, je lui ramenais un bon coup sur le nez pour qu’il se la ferme. D’habitude, un coup était suffisant. Mais la dernière fois, il avait déjà le nez tout aplati. Il s’est vu dans le miroir et il s’est mis à rire. Je n’ai pas pu supporter son rire. Je lui ai asséné un coup si fort que le nez s’est détaché. Puis, tout s’est arrêté.

– Je sais, admit Thomas. Ce modèle B est vraiment basé sur une idée stupide. La pile mécanique est logée dans son nez. C’est pourquoi on vous recommande de le frapper là. Ainsi, à chaque coup appliqué sur le nez, vous rechargez la pile et en théorie le mécanoïde sera toujours chargé à bloc. Sauf que si vous frappez trop fort et que vous arrachez le nez, il n’y a plus de pile et le mécanoïde cesse de fonctionner.

– Ah! je comprends maintenant. Soit que je le frappe ailleurs et il n’a plus d’énergie, soit que je le frappe sur le nez et je détruis la pile. C’est un autre de vos attrape-nigauds. Je vais écrire une lettre au service à la clientèle pour obtenir une remise. Et j’imagine que ce nouveau modèle n’a pas ce défaut?

Soudain le livreur parut embarrassé à son tour. Il tourna la tête et fixa gravement la boîte de carton. Il avait l’air songeur. Plutôt que de me répondre, il changea de sujet :

– Mais l’autre, celui que je vous avais amené le mois dernier, était bien un modèle A, n’est-ce pas? Ce modèle est très durable. Comment en êtes-vous venu à bout?

– En fait, je ne l’ai pas abîmé. Je l’ai simplement fait se désactiver.

– Je ne comprends pas, pourquoi avoir fait cela?

– Eh bien… Au début, je l’aimais bien. Il était plutôt confortable. Je m’en servais comme nounours.

– Comme nounours? Vous voulez dire une sorte d’ours en peluche?

– Oui, c’est ça. Il était si douillet, que je me serrais sur lui durant la nuit pour me réchauffer. C’était mon gros nounours.

– Et vous le frappiez aussi?

– Non. Je ne sais pas pourquoi, je n’en ressentais pas le besoin. Pourtant, il me le demandait souvent. « Tu sembles refoulé un peu. Frappe-moi juste ici », disait-il, en désignant sa grosse bedaine. En fait, je savais bien qu’avec toute la rembourrure qu’il cachait là-dedans, aucun coup ne pourrait le mettre hors d’usage. Mais comme j’avais développé une espèce de relation affective de type enfant-ourson avec lui, je devais probablement résister intérieurement à toute pulsion violente contre lui.

– Mais pourquoi l’avoir désactivé alors? demanda Thomas.

– Un jour que je revenais d’une sortie, je l’ai surpris dans la chambre froide. Il était assis par terre, au milieu de centaines de bouteilles vides. Il avait bu toute ma provision de bière pour le mois.

– C’est pour ça que vous l’avez débranché?

– Mais non. Je lui ai dit : « Pourquoi as-tu bu toute ma bière? », et vous savez ce qu’il m’a répondu?

– Il avait soif?

– Pas du tout. Il m’a dis : « Tu ne connais rien à la bière. Ce que tu bois est de la merde… Enfin de la pisse… Ça ne goûte absolument rien et je voulais juste t’empêcher de boire ce liquide infect. »

– Ça alors! C’est extraordinaire. Je l’aurais débranché moi aussi, m’assura Thomas.

– Mais ce n’est pas là que je l’ai débranché. Je l’ai plutôt conduit à la toilette. Il avait du mal à se traîner. Son système d’élimination artificielle ne suffisait plus, l’intérieur était complètement inondé. Il y avait de la bière partout dans les circuits. J’ai dû lui faire une purge et le laisser sécher toute la nuit avec le ventre ouvert.

– Berk! C’est écœurant.

– Bah… Ça ne me dérangeait pas vraiment. Je voulais juste qu’il redevienne fonctionnel, nounoursement parlant.

– Est-ce qu’il s’est remis?

Pas du tout. Le lendemain, il a commencé à halluciner sur la façon dont je devais ranger mes bouteilles vides. J’avais l’habitude de les éparpiller n’importe comment, dans le milieu de la chambre froide. Puis, lorsque je n’arrivais plus à circuler, je ramassais le tout pour le jeter dans le recycleur à verre.

– Je ne vois rien de dramatique là-dedans.

– Moi non plus. Pourtant, nounours m’expliqua que je devais ranger tout dans des caisses. Il avait imaginé un système avec une caisse principale et des caisses secondaires dérivées de la caisse principale. On remplissait les secondaires d’abord, à moins qu’il y ait eu un emprunt à la principale, auquel cas on devait d’abord rembourser l’emprunt et toutes sortes d’autres règles compliquées auxquelles je ne comprenais rien.

– Mais aucun de nos modèles habituels ne se débranche. Comment l’avez-vous désactivé?

– J’y arrive. Comme je ne comprenais rien à son système de rangement, je lui dis qu’il devrait s’en occuper lui-même. Ce qu’il fit. Puis, un jour que j’étais un peu plus frustré que d’habitude, il attendait à côté de moi que je finisse ma bière pour aller ranger la bouteille. Il commençait à me taper sur les nerfs. Je lui ai dit d’aller faire quelque chose d’autre et que j’allais moi-même ranger ma bouteille vide. Il obéit, quoiqu’avec quelque inquiétude. Alors, lorsque j’atteignis la chambre froide, j’ouvris les caisses pour examiner l’intérieur. Les bouteilles étaient disposées uniformément. Dans la plupart des caisses, il y avait exactement le même nombre de bouteilles vides, de bouteilles pleines et de positions inoccupées. Dans les autres caisses, ces trois quantités semblaient suivre une progression géométrique mystérieuse. Les positions relatives des places vides suivaient une progression similaire, mais inverse à celles des bouteilles… Lorsque j’ai vu ce travail, j’ai cru que nounours était devenu complètement fou. Cet ordre était tellement parfait que, juste à le regarder, il me donnait le vertige. Alors, j’ai commis le sacrilège ultime, j’ai touché à son œuvre, je l’ai altérée.

– Vous voulez dire que vous avez tout remis en désordre comme c’était avant? En tout cas, c’est ce que j’aurais fait, moi.

– Pas exactement. Mais quand nounours est revenu, il a ouvert les yeux tout grands et a vu ce que j’avais fait. Son cerveau mécanoïde n’a pas pu accepter cette altération et, dans une sorte d’automutilation psychique aussi spontanée qu’irrépressible, il s’est désactivé tout seul.

– C’est ahurissant. J’arrive à peine à le croire. Mais qu’aviez-vous fait exactement?

– J’avais juste remis ma bouteille vide dans la mauvaise caisse…

Thomas était tellement sous le choc qu’il semblait avoir oublié l’objet de sa visite. Je dus le ramener à la réalité.

—-

AU SUJET DE L’AUTEUR

Malgré lui, C.Y.G. Bilodeau naquit à Montréal en 1953 et, selon sa maman, qui le tenait du médecin, il était prématuré. Puis, en première année B, de la gentille sœur Marie-Thérèse, il reçut pour son somptueux alignement d’« i » minuscules inclinés, l’estampe de l’ange bleu en marge de son cahier d’exercices. Ce fut suffisant pour faire geindre le nigaud qui habitait de l’autre côté de la ruelle et qui n’avait pas réussi ses « i » minuscules aussi bien. Grâce à la technique pédagogique avant-gardiste de l’estampille gratifiante, notre jeune ami venait de prendre conscience du rapport étroit qui existait désormais entre lui et les « i » minuscules inclinés.

Plus tard, au secondaire, quelques profs furent étonnés par ses compositions françaises. Une des remarques qu’ils firent souvent était : « C’est un texte bien structuré, quoiqu’on ne voie pas du tout où il mène. » Notre auteur ne comprit ce phénomène que plus tard : chacun de ces chers professeurs avait hérité du premier chapitre de ce qu’il aurait pu écrire si on lui avait accordé plus de temps.

Plus tard, ignorant la voie pourtant évidente tracée par les « i » minuscules inclinés et les éternels premiers chapitres, il céda à une fascination dévote pour les sciences et décrocha le baccalauréat en informatique qui à cette époque lointaine était livré par le département de Mathématiques. Il eut donc droit à une surdose de statistiques, de logique booléenne, de programmation linéaire, de recherche opérationnelle et d’analyse numérique. Le projet qui le marqua le plus consistait à concevoir un joueur informatique de poker entièrement écrit en Pascal. Selon ses dires, il n’obtint pas une très bonne note, car le professeur, en essayant le programme, omit d’activer l’option « As à volonté ».

Son métier d’informaticien l’amena à écrire quelques programmes d’ordinateur dont certains étaient franchement farfelus. Par exemple, l’un d’eux braquait un faisceau laser sur une pellicule photographique dans le but de produire une plaque pour imprimer un journal et, détail important, il devait y arriver sans transpercer le journal! Un autre programme contrôlait des convoyeurs servant, soit à trier le courrier, soit à le projeter dans les airs, selon l’humeur du postier-opérateur. D’autres programmes échangeaient des données vitales entre des ordinateurs renfrognés et des usagers incompatibles, à moins que ce fût l’inverse.

Puis, un bon jour, à l’âge des grandes remises en question, émergea cette idée étonnante depuis si longtemps enfouie en lui : l’idée d’écrire.

—-

DU MÊME AUTEUR

Z et le Décaèdre
Roman de science fiction, 402 pages,
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005.
ISBN 2-89612-121-8

Z et les Kwaks
Roman de science fiction, 378 pages,
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005.
ISBN 2-89612-121-8

Z et la mission de Daniel
Roman de science fiction, 228 pages,
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005.
ISBN 2-89612-137-4

Z et la disparition d’Hélène
Roman de science fiction, 510 pages,
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005.
ISBN 2-89612-138-2

Chroniques de la guerre aux Moultrons
Roman de science fiction, 446 pages,
Fondation littéraire Fleur de Lys, 2007.
ISBN 2-89612-285-0

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR

C.Y.G. Bilodeau se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

Adresse de courrier électronique

contact@manuscritdepot.com

TÉLÉCHARGER VOTRE EXEMPLAIRE NUMÉRIQUE GRATUIT

Pour télécharger votre exemplaire numérique gratuit, cliquez sur l’un des deux logos ci dessous.

logo-pdf      logo-zip

► NOTE TRÈS IMPORTANTE : Il est strictement interdit d’offrir ce livre en téléchargement sur un autre site. Prière d’utiliser un lien vers cette page web.

 

EXEMPLAIRE PAPIER DISPONIBLE

Ce livre est également disponible en format papier.

Résidents du Canada
24.95$ CAD
Tout inclus

Résidents ailleurs dans le monde
Écrivez à l’adresse suivante car des frais de postes s’appliquent.
r-fournier@videotron.ca

COMMANDE EN LIGNE

Paiement en ligne avec PayPal

COMMANDE POSTALE

Indiquez sur un papier :

Le titre du livre et le nom de l’auteur
Votre nom (prénom et nom de famille)
Votre adresse postale complète
Votre adresse électronique
Votre numéro de téléphone

Complétez votre chèque payable à l’ordre de :

Fondation littéraire Fleur de Lys inc.

Précisez le montant sur le chèque

Canada

24.95$ canadiens
Tout inclus

Ailleurs dans le monde

Écrivez à l’adresse suivante pour connaître le montant du don demandé car des frais de poste s’appliquent : r-fournier@videotron.ca

Adressez-le tout à :

Fondation littéraire Fleur de Lys
20 rue Duplessis,
Lévis, Québec,
Canada.
G6V 2L1

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bienvenue

La Fondation littéraire Fleur de Lys est heureuse de vous accueillir dans sa Bibliothèque publique de livres numériques gratuits. Ce site est rattaché à celui de la Fondation littéraire Fleur de Lys.

MÉMOIRE GRATUIT

La Fondation littéraire Fleur de Lys dépose un mémoire au sujet de la Stratégie culturelle numérique

MÉMOIRE GRATUIT

La Fondation littéraire Fleur de Lys dépose un mémoire sous le titre «Comment soutenir les librairies indépendantes québécoises ?»

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

%d blogueurs aiment cette page :