Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761, JOSEPH-CHARLES BONIN, Compagnie des canonniers-bombardiers du Canada

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DONNÉES AU CATALOGUE

Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761
JOSEPH-CHARLES BONIN
Compagnie des canonniers-bombardiers du Canada
Édition revue et corrigée par Pierre Bonin
Nouvelle édition avec un album photos
Récit historique,
Collection du domaine public de la Fondation littéraire Fleur de Lys, Laval, Québec, 20 mars 2009,
358 pages.
ISBN 978-2-89612-283-7

PRÉSENTATION

Note de l’éditeur

La Fondation littéraire Fleur de Lys vous présente sa toute première édition d’une œuvre québécoise du domaine public ou dont la durée de la protection des droits d’auteur est arrivée à terme. «En général, le droit d’auteur demeure valide pendant toute la vie de l’auteur, puis pour une période de 50 ans suivant la fin de l’année civile de son décès. Par conséquent, la protection inhérente au droit d’auteur prend fin le 31 décembre de la 50e année suivant le décès de l’auteur. Après cette date, l’œuvre appartient au domaine public et quiconque le désire peut l’utiliser» (Office de la propriété intellectuelle du Canada). Notez que la période de protection du droit d’auteur sur une œuvre n’est pas nécessairement de même durée d’un pays à l’autre.

«Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761» est l’œuvre de Joseph-Charles Bonin, soldat de la Compagnie des canonniers-bombardiers de l’armée française en Nouvelle-France. Elle fut publiée en 1887 par l’éditeur et imprimeur connu sous le nom «Imprimerie Léger Brousseau» alors situé dans la ville de Québec.

Le projet d’édition revue et corrigée de cette œuvre nous a été proposé par l’un de nos auteurs, Pierre Bonin. Nous avons accepté d’emblée ce projet parce qu’il s’inscrit dans la mission première de la Fondation littéraire Fleur de Lys : «Valoriser le patrimoine littéraire de la francophonie québécoise, canadienne et internationale (…)».

Pierre Bonin a réalisé un travail de correction et de révision minutieux pour rendre ce texte le plus accessible possible aux lecteurs d’aujourd’hui, et ce, dans le plus grand respect de l’originalité de l’œuvre. Je l’en remercie sincèrement en votre nom et en mon nom personnel.

Bon voyage dans le Canada d’antan.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Présentation par Pierre Bonin

19 mars 2009

Joseph-Charles Bonin, âgé d’à peine 18 ans, quitte Paris et sa famille en direction de La Rochelle, au printemps de 1751. Le vent du large l’appelle vers le Nouveau Monde. Après une traversée en mer plutôt houleuse, il débarque enfin à Québec. Sans ressources, il est recruté comme canonnier-bombardier. Il prend part ensuite au fil des ans à des expéditions militaires dans les pays d’en haut et les Grands Lacs, pour la construction et le ravitaillement de postes fortifiés, jalonnant ainsi les limites de l’influence française sur le continent. Il séjourne trois années en garnison au fort Duquesne, dans la vallée de l’Ohio, une région âprement convoitée par les Britanniques où se succéderont escarmouches et batailles rangées. Il participe aussi à la campagne du marquis de Montcalm dans l’État de New-York.

Joseph-Charles Bonin et ses frères d’armes sont parmi les derniers, à la fin d’août 1760, avant la capitulation de Montréal, à livrer un combat héroïque au fort Lévis, près de Prescott en Ontario. Fait prisonnier, il séjourne quelques mois à New-York. Il est ensuite rapatrié en France au printemps de 1761. Il achèvera la rédaction de son récit de voyage aux premiers jours de la Révolution mais il ne le verra jamais publié de son vivant.

Son récit est un document exceptionnel et unique, des dernières années de la Nouvelle-France avant la Conquête, écrit dans un langage vivant et coloré, avec le regard d’un témoin privilégié, fin observateur et acteur des événements tragiques de cette époque.

Pierre Bonin

Pierre Bonin est auteur à la Fondation littéraire Fleur de Lys et heureux de s’associer à ce projet de réédition par solidarité patronymique. Que le lecteur se rassure, Joseph-Charles Bonin est retourné en France sans laisser de descendance connue en Amérique. Il n’a pas donc l’honneur de prétendre à l’inclure dans la lignée de ses aïeux.

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Voyage au Canada

dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761

par Joseph-Charles Bonin

 

Grande première à la Fondation littéraire Fleur de Lys, pionnier québécois de l’édition en ligne avec impression à la demande : l’édition d’une première œuvre historique du domaine public. L’honneur revient au journal d’un soldat de la Compagnie de canonniers-bombardiers du Canada, Joseph-Charles Bonin, publié pour la première fois en 1887 par l’éditeur imprimeur Léger Brousseau de Québec, sous le titre «Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761». Le document est exceptionnel car il s’agit «du seul exemple connu de mémoires écrits par un simple soldat stationné en Nouvelle-France» selon l’historien militaire Renée Chartrand, auteur de Le patrimoine militaire canada, D’hier à aujourd’hui, Tome 1 (1000-1754).

La réédition de la Fondation littéraire Fleur de Lys a le mérite d’être la première de cette œuvre publiée sous le nom véritable de l’auteur, Joseph-Charles Bonin. En effet, dans l’«Avertissement» intégré à l’édition originale et signé par l’abbé H.R. Casgrain, celui-ci écrit : «Cette dernière circonstance fait supposer que l’auteur pourrait bien être M. Bonnefons, qui servit sous Pouchot et paraît avoir eu sa confiance ; c’est l’opinion de nos érudits, particulièrement de l’abbé Verreault.» L’historien militaire René Chartrand révèlera que l’auteur véritable est Joseph-Charles Bonin, dit Jolicoeur, dont le nom est inscrit sur une liste nominative dans les Papiers Contrecoeur, conservés à l’université Laval, à Québec. Quant à M. de Bonnefous et non de Bonnefons, officier au Royal-Artillerie, l’auteur présumé, il ne vint au Canada qu’en 1757 alors que le voyage au Canada dont il est question dans cet ouvrage a commencé en 1751.

À la fin de la première édition, l’éditeur sert une mise en garde aux lecteurs : «Ce manuscrit a été imprimé d’abord dans le Courrier du Canada avant d’être mis en volume. Son impression n’a pu, en conséquence, être surveillée avec autant de soin que s’il avait été publié plus à loisir. Il s’y est glissé un certain nombre de fautes typographiques qui auraient pu être évitées sous de meilleures circonstances ; mais il y en a peu d’assez importantes pour que le lecteur intelligent ne puisse y suppléer.» Une mission très difficile compte tenu de la multitude de coquilles typographiques et orthographiques, selon le réviseur et directeur de cette nouvelle édition pour la Fondation littéraire Fleur de Lys, monsieur Pierre Bonin. La densité du texte dans sa mise en page initiale et les nombreuses notes augmentent également la difficulté de lecture. Enfin, ces difficultés sont amplifiées à la lecture du document à l’écran d’ordinateur ou en ligne sur Internet, comme c’est le cas de la numérisation de l’édition originale de ce livre sur le site Google Books. Pierre Bonin a donc profité de cette réédition pour épurer cet ouvrage de ses multiples coquilles et reporter les notes dans une section appropriée à la fin du récit, l’exercice ayant pour but d’alléger la lecture du texte. Il a préservé le style original de l’auteur dans son entièreté, respectant ainsi l’authenticité du manuscrit tel que rédigé en son temps. Il a modernisé l’orthographe tout en conservant certains mots obsolètes en s’assurant qu’ils ne constituaient pas une entrave à la compréhension du texte.

La réédition de cet ouvrage s’avère d’autant plus d’actualité que les mois de septembre de cette année et de l’an prochain évoquent à la fois le 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham à Québec et la capitulation de Montréal, deux événements majeurs ayant changé le cours de l’Histoire de la nation canadienne-française. Publier ce livre constitue un devoir de mémoire, d’autant plus qu’il s’agit d’un témoignage exceptionnel sur les dernières années de la Nouvelle-France, durant la guerre de Sept Ans, avant la conquête du Canada par les Britanniques.

Pour en savoir plus visitez cette page du site Internet de la Fondation littéraire Fleur de Lys:

http://manuscritdepot.com/a.pierre-bonin.4.htm

– 30 –

[ Version imprimable – PDF ]

SOURCE :

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

COUVERTURE DE PRESSE

Radio Ville-Marie

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Présentation de ce livre à l’antenne de Radio Ville-Marie dans le cadre de l’émission «Arts et lettres» animée par Claudine Bertrand

L’auteur Pierre Bonin se fait surprendre par son éditeur qui lui présente sa dernière œuvre lors d’une entrevue a Radio Ville-Marie (Québec). Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l’entrevue :

http://archive.org/details/LauteurPierreBoninRadioVille-mariequebec

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Intégral de l’émission

L’animatrice Claudine Bertrand reçoit la Fondation littéraire Fleur de Lys représentée par son president fondateur (Serge-André Guay) et son directeur de la Collection du domaine public (Pierre Bonin). Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l’intégral de l’émission :

http://archive.org/details/FondationLittraireFleurDeLys-EntrevueRadioVille-marie

Radio-Canada

Plus on est de fous, plus on lit! – Radio-Canada – Première chaîne

TABLE DES MATIÈRES

Remerciements

Préface

Avant-propos

Lexique

Prologue

PREMIÈRE PARTIE

Les tambours de la guerre

Le Maroc-Hôtel

Un étrange trio

Un déjeuner sur l’herbe à Volubilis

La tragédie de Médiouna

En route vers la république du Rif

DEUXIÈME PARTIE

El caïd Hadji Aleman

Porté disparu

Au royaume du kif

Bas les masques !

Sur le front : rien à signaler

La débâcle

Épilogue

ANNEXES

Ce qu’ils sont devenus

Mohammed Ben Abd El Krim Khattabi

Le sergent Joseph Otto Klems

Le commandant François de la Rocque

Le capitaine Henry de Bournazel

Le commandant Jean Cazaban

Bibliographie

Carte du Maroc

Album photos – Guerre du Rif

Au sujet de l’auteur

Communiquer avec l’auteur

Du même auteur

EXTRAIT

Avant-propos

par Pierre Bonin

Le présent livre est une réédition de celui publié en 1887 dont il n’existe que quelques exemplaires soigneusement conservés à la Bibliothèque nationale du Québec et dans le fonds de Bibliothèque et Archives Canada, et disponibles seulement pour consultation sur place. Toutefois, avec le développement fulgurant des technologies de l’information, ces exemplaires ont été numérisés et peuvent dorénavant être visionnés sur des écrans d’ordinateur. Cependant, la lecture de cette édition originale comporte des difficultés à cause de la multitude de coquilles typographiques et orthographiques ainsi que de la densité du texte dans sa mise en page initiale. Soit dit en passant, l’éditeur d’alors avait pris la peine d’inclure un avis aux lecteurs pour s’excuser de cette situation et lui demander de suppléer.

La Fondation littéraire Fleur de Lys, maison d’édition à but non lucratif, soucieuse de la préservation de notre patrimoine littéraire, a saisi l’occasion pour rééditer cet ouvrage et l’épurer des multiples coquilles afin d’en faciliter la lecture. Ce faisant, toutes les notes en bas de page, ont été reportées dans une section appropriée à la fin du récit, l’exercice ayant pour but d’alléger la lecture du texte. Le style original de l’auteur a été préservé dans son entièreté, respectant ainsi l’authenticité du manuscrit tel que rédigé en son temps. Nous avons modernisé l’orthographe et conservé certains mots obsolètes en nous assurant qu’ils ne constituaient pas une entrave à la compréhension du texte.

Il importe de préciser que dans la mise en page du document d’origine, l’auteur a condensé la période des années 1756 et 1757. Par ailleurs, des événements survenus en 1755 sont décrits largement dans le chapitre consacré à l’année 1756. Ce qui peut porter à confusion lors de la lecture. Enfin, dans le chapitre qui raconte en 1759 l’abandon du fort Carillon par l’armée française, aujourd’hui Ticonderoga, l’auteur évoque la capitulation du fort Georges (William-Henry) survenue l’année précédente alors que cet événement s’est produit en 1757.

En outre, il indique avoir au préalable franchi les rapides de Chambly en mentionnant que le fort a été détruit. Ce qui n’est pas le cas. Car après sa reddition en 1760, il a été occupé par une garnison britannique jusqu’en 1851.

Nonobstant ces erreurs, le plus important à nos yeux consiste à rétablir la véritable identité de l’auteur. En effet, dans son ouvrage intitulé Le patrimoine militaire canadien, D’hier à aujourd’hui, Tome 1, (1000-1754), l’historien militaire René Chartrand révèle que l’auteur est Joseph-Charles Bonin, dit Jolicoeur, dont le nom est inscrit sur une liste nominative dans les Papiers Contrecoeur, conservés à l’université Laval, à Québec. En outre, contrairement à ce que prétendait l’abbé Casgrain, M. de Bonnefous, officier au Royal-Artillerie, l’auteur présumé, ne vint au Canada qu’en 1757 et Joseph-Charles Bonin, déjà en garnison au fort Duquesne, était le seul à posséder ces initiales, accouplé à son nom de guerre Jolicoeur. Voilà une énigme enfin résolue. Il allait donc de soi de rééditer ce livre sous le nom de plume véritable de son auteur.

(Précisions apportées dans la nouvelle édition) ► Aussi, avons-nous découvert qu’il existe également une version anglaise de ce livre traduite en 1941 par la Commission historique de l’État de Pennsylvanie et diffusée à usage restreint. En 1993, la maison d’édition américaine Heritage Books a publié le livre sous le titre : Memoir of a French and Indian War soldier by Jolicoeur Charles Bonin. Le livre est toujours en vente chez l’éditeur et est aussi référencié sur le site Internet Google Books. M. Andrew Gallup, un historien américain, a confirmé la véritable identité de l’auteur en citant certaines sources mais sans mentionner l’historien militaire René Chartrand. De plus, il a utilisé le surnom de guerre de Jolicoeur comme première initiale. M. Gallup ignorait sans doute l’usage familier du prénom Joseph dans les certificats de naissance tant en France que chez nous pour désigner les catholiques de sexe masculin. Il a affirmé aussi que Bonin était un soldat de la Compagnie franche de la Marine alors qu’il appartenait plutôt à la Compagnie des canonniers-bombardiers, une unité de l’Artillerie Royale. Ce qui pourrait expliquer l’erreur sur la page couverture représentant un soldat de la Compagnie franche de la Marine en uniforme de combat pour la saison estivale.

La réédition de cet ouvrage qui connaît une seconde vie sur Internet s’avère d’autant plus d’actualité que les mois de septembre de cette année et de l’an prochain évoquent à la fois le 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham à Québec et la capitulation de Montréal, deux événements majeurs ayant changé le cours de l’Histoire de la nation canadienne-française. Publier ce livre constitue un devoir de mémoire, d’autant plus qu’il s’agit d’un témoignage exceptionnel sur les dernières années de la Nouvelle-France, durant la guerre de Sept Ans, avant la conquête du Canada par les Britanniques. Joseph-Charles Bonin, au-delà du militaire qu’il était, a fait preuve d’un sens aiguë de l’observation dans la rédaction de son manuscrit comme un anthropologue, un naturaliste, un historien et un chroniqueur. Voilà pourquoi le récit de son séjour en Nouvelle-France comporte des qualités indéniables et ne peut que susciter davantage l’intérêt du lecteur pour cette époque méconnue et héroïque.

Enfin, en sus des événements racontés et des anecdotes personnelles de l’auteur, ce document se révèle une véritable mine d’or d’informations sur les us et coutumes ainsi que les mœurs des habitants du pays, voire du continent, qu’ils soient de souches européennes ou autochtones.

Pierre Bonin

Préface

par Joseph-Charles Bonin

L’origine de la découverte du Canada (1) remonte à 1534 sous François I, que le navigateur Jacques-Cartier y fit son premier voyage, il ne fut qu’à l’entrée du fleuve Saint-Laurent auquel il donna ce nom, parce qu’il y entra le jour que l’on fête ce saint. L’année suivante il y fit un second voyage avec trois vaisseaux, remonta le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Montréal, après s’être arrêté à Québec ; il repassa ensuite en France avec un seul vaisseau en ayant perdu deux accidentellement dans le voyage de Québec à Montréal ; mais soit que l’insouciance ou les guerres de François I lui aient fait négliger cette découverte, on ne s’en occupa pas.

Ce ne fut que sous Henri IV, en 1608, que le navigateur Samuel de Champlain y fut envoyé avec quelques vaisseaux et des familles, il remonta le fleuve Saint-Laurent, laissa quelques familles à Tadoussac qui est à quatre-vingt-dix lieues de l’embouchure du fleuve, ensuite il continua sa route jusqu’à Québec, où il commença à faire bâtir des baraques en bois, fit défricher des terres pour les cultiver, y construisit un fort et y établit des familles. Le gouvernement français y envoya trois ans après, plusieurs familles avec des missionnaires jésuites et récollets pour s’y établir et prêcher la foi aux Sauvages. Louis XIV y envoya, en 1665, une flotte chargée de vivres et de marchandises avec de l’artillerie, des armes et plusieurs familles composées de volontaires et d’aventuriers des deux sexes, ainsi qu’un régiment d’infanterie tout entier ; alors Québec agrandit sa population, il se forma des villages et des villes par des concessions.

Les Hollandais, les Suédois et les Danois formèrent aussi des établissements dans l’Amérique septentrionale, mais au midi du Canada. Les Anglais y vinrent ensuite et s’emparèrent des possessions hollandaises, suédoises et danoises ; ce ne fut que sous le gouvernement de Cromwell que leur colonie se peupla et s’agrandit par l’émigration des mécontents de la mère patrie ; alors ces colonies prirent le nom de Nouvelle-Angleterre, comme le Canada celui de Nouvelle-France

La Nouvelle-Angleterre forma depuis les États-Unis composés alors de treize provinces qui, se déclarèrent indépendantes de la mère patrie, dans un congrès général tenu à cet effet le 4 juillet 1776, ce fut en partie l’ouvrage du docteur Franklin. (2) Le motif fut un Édit sur le timbre rendu au parlement d’Angleterre en 1765 et qu’on voulait faire exécuter dans les colonies anglaises ; on supprima cet Édit sur les plaintes des américains, il fut remplacé par un impôt sur le thé qui n’eût pas plus de succès ; les colonies se soulevèrent et déclarèrent leur indépendance, ce qui occasionna une guerre entre elles et la mère patrie ; cette guerre commença le 18 avril 1775, et finit à l’avantage des colonies, dont l’indépendance fut reconnue par le traité du 3 septembre 1783.

La France aida les américains à soutenir leur indépendance, par l’avis du Conseil de Louis XVI. Le premier secours fut trois frégates parties du Havre chargées de canons et de munitions de guerre, sous la conduite d’un agent nommé Beaumarchais, et cela avant la déclaration de guerre. Il y passa peu après quelques troupes et des officiers français. Ce fut un surcroît de haine et d’animosité de l’Angleterre contre la France. Je viens à mon voyage ; lors de mon arrivée au Canada en 1751, il n’y avait point encore de guerre ouvertement déclarée entre la France et l’Angleterre, mais il subsistait dans l’Acadie et le haut du Canada de la mésintelligence et de la jalousie, comme on le verra dans mon voyage.

L’exactitude et la vérité avec laquelle j’ai écrit mon voyage dans le Canada pendant l’espace de dix ans environ que j’ai parcouru le pays, et les différentes remarques que j’ai faites sur les nombreuses bourgades qui s’y trouvent disséminées, peuvent encore aujourd’hui satisfaire la curiosité sur la connaissance et l’étendue de ce vaste pays, sur ses lacs, ses rivières, ses fleuves, ses bois de toute espèces, ses différentes chasses et pêches, ainsi que sur les mœurs, coutumes et usages des différentes nations qui en sont les premiers habitants connus depuis la découverte du pays par Jacques Cartier, en 1535 (3). Pays que la France a impolitiquement perdu par le traité de paix de 1763, et qui depuis a dû beaucoup fructifier entre les mains des Anglais, auxquels il offre une branche de commerce de pelleteries de toute espèce.

La partie historique et descriptive de ce voyage que j’ai traitée sur les lieux mêmes, pour utiliser les moments de repos que me laissaient mes fatigues et que j’ai revue avec attention depuis mon retour en France, pourra servir à la connaissance des événements qui mirent les Anglais en possession de ce vaste pays, et jeter quelque jour sur leur politique dans leur envahissement ; du moins je n’ai rien écrit qui ne soit parfaitement exact. II se trouve dans le cours de ce voyage des particularités qui me sont personnelles ; j’ai crû devoir les y conserver parce qu’elles instruiront de quelle manière j’ai parcouru le Canada ; peut-être plusieurs n’en feront-ils aucun cas.

Je n’en supplie pas moins ceux qui daigneront me lire, de considérer que mon intention n’est autre, tout en rapportant les choses telles que je les ai vues, que de faire connaître aussi ma position alors et comment j’ai fait cet ouvrage.

Joseph-Charles Bonin

Album de photographies

24 PHOTOGRAPHIES

REMERCIEMENTS À :

M. Horst Dresler, président du Corps historique du Québec

horst_dresler_05Cet album de photographies a pu être réalisé avec l’aimable concours de M. Horst Dresler, président du Corps historique du Québec. Cet organisme à but non-lucratif regroupe des associations de reconstitution militaire historique dont la mission consiste à promouvoir une meilleure compréhension du passé. Cet organisme s’implique avec de nombreux sites historiques à la tenue d’événements civils et militaires pour des démonstrations où leurs membres prennent plaisir à vivre comme nos ancêtres. Ils sont aussi disponibles pour des interventions dans les écoles et auprès des organismes à but non-lucratif qui en font la demande.

Site Internet : http://www.reenacting.net/

LES PHOTOGRAPHIES SONT UNE GRACIEUSETÉ DE :

M. Gabriel Mailhot, chercheur en imagerie numérique.

Site Internet : www.imagepanama.com

M. Astle Walker, photographe professionnel.

Site Internet : www.themaninblack.smugmug.com/gallery

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AU SUJET DE L’AUTEUR

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Pierre Bonin est retraité de la fonction publique montréalaise après trente années de service. Au cours de ces années, il a occupé successivement des postes d’animateur en loisirs, d’agent d’aide socioéconomique, d’agent d’information, de rédacteur-relationniste et de chargé de communication pour différents services municipaux.

Dans l’exercice de ses fonctions, il a collaboré activement à la tenue de campagnes de promotion, sensibilisation et d’information auprès des citoyens et des médias, notamment dans les secteurs des sports et loisirs, de la culture, de l’aménagement des parcs et des travaux publics. Il a terminé sa carrière comme gestionnaire pour le Service des travaux publics de l’arrondissement Rosemont–Petite-Patrie.

Il a obtenu certains prix dont celui du meilleur directeur de campagne au sein de municipalités pour l’organisme Centraide en 1989, et le Mérite municipal décerné par le ministère des Affaires municipales en 1997, pour la mise en place du service téléphonique et de références aux citoyens et aux chroniqueurs à la circulation «Info-Travaux-Montréal».

Diplômé en animation culturelle, promotion 1976, de l’Université du Québec à Montréal, l’auteur a aussi suivi des cours en journalisme et relations publiques à l’Université de Montréal. Il a réalisé également des courts métrages en cinéma vidéo au cours des années 70-80.

Pour écrire ce roman dont l’intrigue se déroule au Maroc au début du XXe siècle, l’auteur a procédé à des recherches exhaustives sur le sujet en consultant des documents et témoignages de cette époque et en allant visiter les lieux qui servent de décor à l’intrigue du récit.

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR

Pierre Bonin se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

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2 comments on “Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761, JOSEPH-CHARLES BONIN, Compagnie des canonniers-bombardiers du Canada
  1. […] fit la surprise à l’animatrice et à monsieur Bonin du premier exemplaire papier du livre «Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761», un ouvrage du domaine public réédité par la Fondation littéraire Fleur de Lys sous la […]

  2. […] Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale depuis l’an 1751 à 1761 JOSEPH-CHARLES BONIN Compagnie des canonniers-bombardiers du Canada Édition revue et corrigée par Pierre Bonin Nouvelle édition avec un album photos Récit historique, Collection du domaine public de la Fondation littéraire Fleur de Lys, Laval, Québec, 20 mars 2009, 358 pages. ISBN 978-2-89612-283-7 […]

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